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Domaine Louis-Claude Desvignes

Desvignes, père et fille

 

Louis-Claude Desvignes, vigneron emblématique du cru Morgon et du Beaujolais, a désormais laissé sa place à ses 2 enfants, Claude-Emmanuelle et Louis-Benoît. Mais l'esprit du domaine reste intact. Un travail rigoureux à la vigne avec de moins en moins d'intrants et de plus en plus de travail des sols, de petits rendements naturels, des vinifications sobres et minutieuses ; Ils obtiennent ainsi des Morgon francs, structurés, bien représentatifs de leur terroir d'origine et de leur millésime, s'appréciant généralement après une garde de quelques années.

 

  • Le domaine :

Situé dans Villié-Morgon, le domaine est composé de nombreux bâtiments ; la cave voûtée recevant la clientèle, date du 17ème siècle, elle est accessible par un passage voûté ouvert sur la rue à laquelle il a donné son nom.

 

 
La voûte du domaine Desvignes
La cave voûtée du domaine
 

La porte du domaine

 

 

La cave voûtée

 

 
 

10,2 ha sont exploités aujourd'hui par le domaine, intégralement sur l'appellation Morgon mais sur 3 climats différents : Douby est la plus grosse superficie un peu plus de 5 ha qui vont tous dans la cuvée La Voûte Saint-Vincent, viennent ensuite La Côte du Py avec environ 2,5 ha et autant à Javernières (qui fait partie de la Côte du Py officiellement mais qui est toutefois un terroir très différent).

L'intégralité de la production est aujourd'hui mise en bouteille et étiquetée du nom du domaine. Cela n'étant pas le cas auparavant, Louis-Claude Desvignes vendant une partie de la production au négoce jusqu'en 2002, année de l'arrivée de Claude-Emmanuelle au domaine.

Mais bon, s'il vendait au négoce, il n'a pourtant jamais cédé à ses sirènes et a toujours produit des vins de terroir authentiques. Les macérations préfermentaires à chaud ne sont jamais arrivées jusqu'au domaine ; d'ailleurs dans les années 1980, lorsqu'elles se sont développées, Louis-Claude Desvignes s'opposa farouchement en criant haut et fort que cela dénaturait les vins. En représailles, les difficultés apparurent pour l'agrément de ces vins (car bien sûr ce sont les mêmes qui étaient juges et partis) et il fût catalogué comme un « traditionaliste impénitent » et un mouton noir du Beaujolais. C'est d'ailleurs en son hommage que la cuvée Les Impénitents sera créée par la suite par ses enfants (avec un mouton noir sur l'étiquette).

Avec Claude-Emmanuelle et Louis-Benoît, c'est la huitième génération de vignerons qui dirige aujourd'hui le domaine ; ce dernier qui ne se prédestinait pas particulièrement à être vigneron a rejoint sa sœur en 2004 et faute d'études ad hoc, a tout appris sur le tas. Ils sont aujourd'hui les 2 co-gérants. Forts d'une clientèle fidèle à l'export comme en France, ils ont affiné l'approche terroiriste et ajusté les vinifications selon les cuvées et les millésimes pour proposer aujourd'hui une gamme juste de 4 Morgon dont ils sont désormais de véritables spécialistes.

 

  • Les terroirs :

Près du village, tourné vers Fleurie, Douby, avec ses sols plutôt légers de grès et de sable, permet aux Desvignes de produire un vin plus fruité et léger (La Voûte Saint-Vincent) que les 2 autres terroirs. C'est tout relatif, car les vignes ont 70 ans de moyenne d'âge et ont tendance à produire des vins tout de même bien concentrés. Par ailleurs, les rafles y sont toujours grosses et peinent à mûrir ; ce qui a poussé les Desvignes à érafler davantage, en général de l'ordre de 40%, mais ça peut être plus si c'est nécessaire.

Sur la côte du Py, et plus précisément Le Petit Py (partie Nord-Est de la colline) où se situent leurs parcelles, 2,5 ha de vieilles vignes d'un seul tenant produisent la cuvée la plus emblématique du domaine. Sur des sols pauvres de schistes décomposés (le morgon ou roche pourrie), les vignes d'une moyenne d'âge de 70 ans ont peu de bois (et souvent aussi peu de raisins). L'exposition est Nord-Est à Est, ce qui donne un terroir un peu plus tardif. Les vins produits sont très typiques de l'appellation, ce sont des vins de garde corsés. Compte-tenu du nombre de manquants et des très bas rendements, le domaine a prévu d'y replanter 5 parcelles dans les 10 ans à venir.

 

 
Sol de la Côte du Py)

Sol de la Côte du Py

 

Enfin, Javernières, au pied du Py, présente un terroir très différent de la côte : les sols sont profonds et argileux, imprégnés d'oxydes de fer. Ils sont plus riches et la vigne s'y développe avec plus d'aisance (l'herbe aussi). La pente est beaucoup plus faible et orientée vers le Sud-Est. C'est un terroir assez précoce. Là, le renouvellement des vignes a été fait en partie ; s'il reste 4 parcelles de très vieilles vignes (les plus âgées ont été plantées en 1914) produisant depuis 2009 la cuvée Les Impénitents, le reste a été replanté entre 1989 et 1999. Ces « plantiers » (notez qu'à 25 ans, la vigne est encore un plantier pour Claude-Emmanuelle) donnent quant à elles la cuvée Javernières. Les grappes sont plus grosses, et à l'instar de Douby, elles sont égrappées en partie (la proportion dépend du millésime mais peut monter à 75%, 2009 fût 100% vendange entière). Il y a beaucoup de manquants dus à l'esca dans les plantations, ce qui a décidé les Desvignes à recourir aux sélections massales et à des greffes faites à la main plutôt qu'à la machine pour l'avenir.

 

 
Vignes de Javernières 1 semaine avant les vendanges (5)

Vignes de Javernières au pied du Py

 

  • Le travail effectué à la vigne :

Avec une moyenne d'âge de 70 ans sur l'ensemble du domaine, les vignes sont naturellement peu chargées, ce qui limite le travail en vert. Le rendement normal est de 35 hl/ha (18 en 2012 et 22 en 2013).

 

 
Les beaux raisins de la côte du Py

Les beaux raisins de la côte du Py le 11/09/14

 

Depuis 2008, toutes les vignes sont labourées. Le travail s'effectue au maximum sans produit phytosanitaire, dans la limite du possible. A titre d'exemple, en 2014, débordés par l'herbe et en raison des conditions très humides, il leur a fallu passer un défanant dans la parcelle du bas en Côte du Py car ils ne pouvaient pas faire autrement. Mais c'est une exception qui confirme la règle qui consiste désormais à travailler les sols, y compris sous le rang. C'est un travail fastidieux dans les vieux gobelets, mais les sols peu rocheux et les pentes raisonnables permettent de le faire en faisant très attention. Pour les nouvelles plantations, des tailles en cordon sont envisagées avec un peu plus de largeur entre rangs (1,20 m) pour faciliter le travail des sols.

 

 
Un cep de Javernières bien pourvu

Un jeune cep de Javernières avant les vendanges

 

Sur Javernières où les sols ne sont pas toujours faciles à travailler, l'herbe est alors conservée et tondue, ce qui a d'autres avantages : ça calme un peu la vigueur de la vigne et permet d'absorber les excès d'eau.

 

  • Le travail à la cave :

Les raisins triés une première fois à la vigne repassent sur la table de tri sous la direction du paternel qui veille au grain.

Les raisins sont encuvés plus ou moins égrappés pour La Voûte Saint-Vincent et Javernières (suivant la maturité des rafles, leur taille et la présence ou non de pourriture), Côte du Py et Les Impénitents étant toujours en vendange entière.

Les cuvaisons durent 14 jours. Pour La Voûte Saint-Vincent, en général, il est effectué un  délestage (à 1020 de densité pour bien éclater les raisins et ainsi prolonger la fermentation en libérant les derniers sucres), ainsi qu'un remontage par jour et 2 aérations. Pour les autres cuvées, ce sont en général 3 délestages espacés de 2 jours qui sont effectués.

Après pressurage, dépôt des grosses lies et débourbage, les élevages se font en cuves ciment uniquement (ne pas parler de bois à Claude-Emmanuelle sinon elle va vous faire les gros yeux), sur lies fines (pas de soutirage).

Une légère filtration est effectuée avant mise pour être sûr que ce soit net (Louis-Claude pratiquait aussi le collage mais ça c'était avant).

Les mises sont effectuées entre Juillet et Décembre selon les cuvées et les millésimes.

 

  • Les vins :

La Voûte Saint-Vincent 2012 (égrappé à 80%). Nez très ouvert, bien fruité. Bouche à l'avenant, relativement simple, mais très fruitée, gouleyante. Pas dans le style habituel du domaine mais très beaujolais. Idéal avec une charcuterie.

Côte du Py 2012 (Seulement 8 hl/ha !!! Vinification en grappes entières, mise en Novembre 2013). La force du terroir prend le dessus sur les faiblesses du millésime. C'est un fier représentant du Py, un vin sérieux et terrien qui s'épanouira dans quelques années.

Côte du Py 2013 (mise fin Juillet 2014). Bien ouvert à ce stade (mais attention ça va se refermer). Plus de couleur et plus riche que le pourtant bon 2012, ce sera un grand vin qui va morgonner dans 7 ou 8 ans.

Javernières 2012 : Rassemble les jeunes vignes et les vieilles vignes cette année (pas assez de raisins pour isoler Les Impénitents, 32 hl en tout sur les 2,5 ha...). Dans le style du millésime avec des notes de noyau de cerise. Bel équilibre général et bonne constitution.

 

Dossier réalisé à partir des 2 visites au domaine effectuées les 5 Mars et 11 Septembre 2014 (prises de vues dans les vignes).