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De la complexité des terres beaujolaises (de gauche à droite MAV, Morgon, Juliénas, Brouilly, Cote-de-Brouilly, Fleurie)

Générique Droite

Liège majesté

Guillaume Sorbe - Les Poëte

Guillaume Sorbe
 
Guillaume Sorbe est un vigneron passionné et méticuleux qui cherche à produire le meilleur vin possible sur ses terres d'origine. Son inspiration première est la méthode bourguignonne dans le travail et le respect du parcellaire, en vigne comme en cave. Sur les appellations de Reuilly et Quincy, il est à contre-courant d'une majorité de vignerons qui font des vins simples et dont l'investissement financier et personnel pour la qualité et l'environnement est peu développé.

Son parcours

Fils de vigneron, il débute pourtant sa vie professionnelle en cuisine avant de s'orienter vers la sommellerie. Il fût notamment apprenti puis assistant sommelier à La Poularde à Montrond-les-Bains, puis quelques temps chef sommelier chez Jacques Chibois à Grasse et enfin chef sommelier de La Marée à Paris.
Mais c'était pour mieux revenir aux vignes. En effet, malgré la promesse d'une belle carrière en sommellerie et des propositions pourtant difficiles à refuser, il abandonne cette voie pour créer son propre domaine en région Centre. Pour se préparer, il fait d'abord une licence de commercialisation des vins à l'international, voyage sur plusieurs continents pour le compte d'un gros domaine Sancerrois puis un BTS Viticulture-OEnologie à Beaune en 2004-2005, avec des stages de vinification et culture chez Jean-Marc Boillot à Pommard et de nombreuses visites sur la côte de Nuits.
Son père Jean-Michel ayant cédé le domaine familial en 2001, Guillaume doit reconstruire un vignoble. En 2006, il ne débute qu'avec environ 1 ha sur Reuilly et Quincy. Ceci étant trop peu pour investir dans du matériel de vinification, il vend tout d'abord ses raisins. Cette frustration est en partie compensée par l'achat avec son père et ses frères de 1,5 ha de vignes de gamay, de sauvignon, de Cabernet Franc et de Côt à Thésée en appellation Touraine. Née d'une envie de s'ouvrir à d'autres cépages, d'acquérir de l'expérience (faire des macérations carboniques notamment), c'est une vieille vigne de gamay de 70 ans sur sable/silex (et calcaire sous-jacent) à Thésée qui le décida à se lancer. Ces vignes étant situées à 80 kms de chez lui, il les travaille en collaboration avec un collègue sur place chez qui il peut les vinifier. Les vins produits sont commercialisés sous le nom de domaine des Poëte, nom que Guillaume Sorbe a choisi de continuer à utiliser pour sa production de Reuilly et Quincy.
Il investit ensuite dans du matériel de vinification et réintègre l'ancien chai familial dans lequel il rentre et vinifie sa première vendange en 2011.

Ses terroirs

A part quelques vignes familiales plantées sur Reuilly en 1997 et conservées par son père, Guillaume doit recréer un vignoble en adéquation avec ses ambitions. Il cherche donc des terrains très intéressants pour faire de la qualité. Petit à petit, il dégote de toutes petites parcelles de 15 à 70 ares ; ce sont des parcelles abandonnées car trop pauvres et/ou trop difficiles à travailler (pentues, caillouteuses, certaines impossibles à mécaniser). Il y effectue un gros travail de défrichage, de préparation des sols, prend le temps de choisir les portegreffes les plus adaptés et quand le potentiel est très grand, il effectue même des sélections massales sur place ou en Bourgogne pour implanter le matériel végétal le plus intéressant et diversifié possible.
Sur ces parcelles, il adapte les plantations de pinot noir, de sauvignon et de pinot gris en fonction des caractéristiques du sol. Celui-ci étant assez variable, notamment sur Reuilly, on peut retrouver les 3 cépages de l'AOC dans une même parcelle (il peut intercaler par exemple quelques rangs de pinot gris sur une bande plus sableuse).
Sur l'appellation Quincy, s'il est présent sur le grand côté (dessus du plateau en rive gauche du Cher), c'est surtout en rive droite qu'il s'implante, au lieu-dit Villalin, la partie la plus qualitative de l'appellation (elle n'en représente que 5%) avec ses sols minces de graves très pauvres, juste sur le calcaire.
 
 
Guillaume Sorbe Quincy

Sols de graves sur calcaires au lieu-dit Villalin à Quincy

 
Sur l'appellation Reuilly, il exploite des vignes sur les alluvions argileuses de Preuilly, sur les alluvions sablo-graveleuses de Reuilly et il remet peu à peu en exploitation une partie de ce qui est peut-être le plus beau terroir de l'appellation à Chéry (lieux-dits Saint-Romain et Les Boissières) avec un dessus de coteau calcaire (calcaires lacustres et kimméridgien) et une parcelle à la pente de 40% exposée à l'Est qui sera bientôt plantée. Les vignes abandonnées, quand elles existent encore, y sont remplacées avec la plus grande réflexion pour que chaque cépage puisse s'exprimer à son meilleur.
Guillaume Sorbe exploite ainsi aujourd'hui une vingtaine de parcelles sur 6 ha en tout dont 5,5 ha en production. Il va continuer à planter sur Reuilly et Quincy, 2 à 3 ha sont déjà prévus. Il pense pouvoir aller jusqu'à 10-11 ha, cela nécessitant toutefois un bon second pour l'épauler.

Sa conduite des vignes

Guillaume Sorbe essaye de travailler le plus «proprement» possible ; "éco-logique" dans l'âme, sa démarche se veut avant tout pragmatique. Depuis 2014, il n'utilise plus de désherbant et travaille selon le cahier des charges bio et demeter sans toutefois avoir demandé la labellisation.
 
 
Guillaume Sorbe Vignes
Travail du sol sous le rang (vignes de Quincy)
 
Le sol est travaillé sous le rang avec modération, 2 à 3 fois par an (Début juin, Début Juillet et après les vendanges), pas plus. Cela permet d'avoir des vignes saines tout en conservant la faune et la structure du sol. De plus, si le sol est trop travaillé, cela peut amener sur calcaire à la libération de carbonates entraînant des problèmes de chlorose et donc de maturité ; dans les sols grossiers, cela limite également la capacité d'absorption et de restitution de l'eau et des minéraux.
Là où cela est nécessaire (sols plus riches, vigne trop productive), il pratique l'enherbement concurrentiel, soit naturel, soit semé. Il essaye de gérer au plus juste la densité de cet enherbement pour contrôler la vigueur de la vigne sans la faire trop souffrir. Cela peut aussi
s'accompagner d'une hauteur de palissage plus haute d'environ 20 cm pour augmenter la surface foliaire et d'une maîtrise des rendements entre 25 et 35 hl/ha en rouge, légèrement plus en rosé et blancs.
 
 
Guillaume Sorbe Reuilly

Bandes enherbées pour calmer la vigueur des pinots noirs de Preuilly

 

Pour réguler les apports d'eau sur des sols qui sont rarement trop secs, il n'hésite pas à réaliser des fossés de drainage au-dessus de ses parcelles des Boissières. Pour favoriser une bonne exposition et une meilleure action du vent (afin d'assécher et donc d'aider la vigne à lutter contre les maladies), les rangs de vignes sont parfois plantées en diagonale dans la pente, ce qui n'est pas sans poser de problèmes (tracteur ne pouvant plus travailler en remontant par exemple).

Vous l'avez compris, son abnégation est sans limite pour obtenir les meilleurs raisins, y compris pour ses pinots gris avec lesquels il fait le Reuilly rosé :

 

 
Vignes de pinot gris cultivées comme un jardin

Vignes de pinot gris cultivées comme un jardin

 

Son travail en cave

La première particularité de la cave saute aux yeux quand on y entre : de toutes petites cuves de 10 à 15 hl, quelques-unes - rares - de 30 hl, remplissent les lieux. Guillaume les a cherchées longtemps pour pouvoir effectuer des vinifications parcellaires conformes à son idée de faire ressortir les particularités de chaque terroir. Ici donc, 1 parcelle = 1 cuve.
Cette démarche lui permet d'accumuler une grande expérience et une bonne connaissance de ses terroirs. Il cherche et trouve ainsi les vinifications les plus adaptées aux fruits produits. Et au moment de réaliser les assemblages, cela lui permet d'apporter de la complémentarité et de sortir un vin équilibré.
Côté vinifications, le but affiché est de conserver un maximum de fruit et de produire des vins précis, fins et équilibrés, sans rechercher particulièrement la concentration (qui de toute façon est bonne compte-tenu du travail réalisé à la vigne et des rendements). Pour cela, le travail minutieux effectué à la vigne est poursuivi au chai.

Vinification des blancs

Elle est très classique et très peu interventionniste. Le tri est sévère. Dès l'arrivée de la vigne, la vendange, saine et mûre, est pressée. Après débourbage, la fermentation s'effectue en cuve à basse température (levures indigènes ou ensemencement selon les cas). L'élevage sur lies fines dure de 3 à 12 mois selon les cuvées.

Vinification des rouges

Elles se font en grappes entières. Les risques d'oxydation sont écartés en préservant les fruits intacts jusqu'à la cuve. 2 jours avant la vendange, environ 50-60 kgs de raisin sont mis à fermenter (principe du "pied de cuve"). Ainsi, lorsque la vendange est encuvée, la fermentation démarre de suite (pas de macération préfermentaire et pas de risque d'oxydation). Guillaume intervient peu là aussi ; pas de pigeage, pas de délestage, juste des remontages très légers et un décuvage après 8 à 10 jours, pas plus, pour conserver un maximum de fruit. Le CO2 est conservé le plus longtemps possible. Il effectue peu de soutirages et peu de sulfitages. Si les fermentations malolactiques se font attendre, elles peuvent être lancées par ensemencement avec des lies de vin qui l'ont déjà faite. Les élevages, en fûts (50 à 80% neuf, le reste de 1 et 2 vins) durent 6 à 9 mois.
 
 
Guillaume Sorbe Vins
 
En fin d'élevage, Guillaume choisit les cuves qui composeront la gamme Les Poëte (vins les plus complets) et celles qui entreront dans la gamme Guillaume Sorbe (vins les plus légers pour un plaisir immédiat).

 

L'avenir

Aujourd'hui, Guillaume a beaucoup investi dans les terrains, dans le matériel végétal et dans le matériel agricole. Il achètera sans doute un chenillard (pour faciliter le travail dans vignes les plus difficiles et ne pas tasser les sols) mais c'est un investissement lourd qui va attendre encore un peu. Son chai apparaît quant à lui encore un peu rudimentaire même s'il est bien équipé. Guillaume l'avoue d'ailleurs, le sol pose problème et il passe beaucoup de temps à le nettoyer. Et la maîtrise des températures, notamment pour le bon déroulement des fermentations malolactiques, y est également délicate. Il n'a donc pas l'intention de rester dans son chai actuel encore très longtemps...
Les pistes d'amélioration sont donc là... Et pourtant il fait déjà de grands vins grâce à ses connaissances, à sa perpétuelle remise en question et son très haut niveau d'exigence. Il ne s'interdit rien, change chaque année de petites choses pour essayer de faire toujours mieux, dans le respect de la vigne et du fruit, avec son idée du grand vin dont l'expérience acquise en sommellerie n'est sans doute pas étrangère.
Son objectif est de sortir dans les années à venir de nouvelles cuvées haut de gamme, au tirage limité, représentant le meilleur de sa production. Certaines cuves l'intéressent déjà plus que d'autres et cela devrait voir le jour assez vite. Il aimerait également pouvoir pousser un peu plus les élevages, en blanc comme en rouge, sauf bien sûr pour les vins les plus légers. Il abandonnera d'ailleurs peut-être sa démarche de vinifications parcellaires là où cela ne se justifie pas (sur une partie de Quincy notamment), pour se concentrer encore davantage sur les parcelles les plus qualitatives. Et puis les vignes sont très jeunes, alors la qualité ne peut que progresser, encore. On se plaît à imaginer ce qui sera produit ici dans quelques années...
Un grand vigneron est né. Retenez bien son nom : Guillaume Sorbe !