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Les Desvignes, père et fille

Louis-Clément David-Beaupère

LCDB
La croix de la Bottière
 

 

Louis-Clément David-Beaupère, LCDB pour abréger, ne conçoit pas la viticulture en Beaujolais comme la plupart de ses confrères. Il a des convictions et le courage qui va avec pour les mettre en application. A bas les vieilles vignes en gobelet à 10 000 pieds/ha, vive les vignes en cordon avec 2 mètres de passage inter-rang ! A bas les intrants chimiques, vive l'agriculture biologique !

 

  • Le domaine :

Propriété familiale depuis 1960, le domaine se situe sur la commune de Juliénas au lieu-dit "La Bottière", climat reconnu. S'il appartenait à ses parents, il était toutefois exploité par un métayer avant d'être repris en 2008 par LCDB. Ce dernier avait quand même eu un grand-père vigneron... en Algérie, à Saïda : « Il faisait du très bon vin, on en a encore quelques bouteilles. Ça s'appelait le Clos Saint-Antoine, un vignoble situé à Aïn el-Hadjar, autour de 1 000 mètres d'altitude ». Après avoir fait d'autres métiers, Louis-Clément repart à l'école d'agriculture et c'est fraîchement diplômé qu'il arrive sur le domaine avec un plan d'attaque clair et ambitieux visant à permettre une agriculture biologique rentable sur ces terres de Juliénas. Il en deviendra le premier représentant certifié par Ecocert. Bénéficiant d'une surface de 4 ha d'un seul tenant tout autour du domaine, avec un grand bâtiment construit au XIXème siècle, abritant le chai de vinification et d'élevage dans ses larges caves, l'outil de production est parfait pour travailler dans les meilleures conditions au cœur des vignes.

La croix de La Bottière que vous pouvez voir au carrefour près du domaine, est constituée d'une colonne originaire du domaine (elle a été démonté lors de d'une réhabilitation de la maison).

 

 
Domaine David-Beaupère

Le domaine David-Beaupère à La Bottière

 

Son premier millésime a été fait en conventionnel puis, dès la seconde année, il a stoppé les intrants chimiques et commencé à travailler les sols, tout en engageant les démarches auprès d'Ecocert pour se convertir en bio.

 

  • Le terroir :

Il est très différent des autres crus, surtout vers la croix de Bottière (nord du domaine). Les terrains y sont blancs, assez fins (peu de gros cailloux), composés de roches pourries d'origine métamorphiques (grès et schistes) très claires, argileuses avec des oxydes de fer.

 

 
Sols La Bottière

La Bottière : des sols blancs particuliers

 

Ils font des vins structurés mais sont compliqués à travailler car ils se tassent facilement et retiennent l'eau (tendance à l'hygromorphie). Il faudrait donc tout drainer, même si on est sur un plateau légèrement bombé et qu'on n'est pas situé en bas de côte, ce que Louis-Clément va faire petit à petit.

Au sud du domaine, on retrouve ces sols mais ils sont plus rocheux, avec la présence de gros cailloux dont une partie d'origine granitique.

Concernant le patrimoine végétal, Louis-Clément a récupéré des vignes bien caractéristiques de la région, c'est-à-dire de vieilles vignes en gobelet peu productives (en majorité Viala mais aussi SO4 et Téléki), plantées à 10500 pieds/ha mais avec beaucoup de manquants (âge + esca).

 

  • Sa culture de la vigne :

Louis-Clément est convaincu d'une chose. Pour travailler efficacement en bio sur ses terres, il doit tout restructurer. Il a commencé en transformant une partie des vignes en gobelet (les plus jeunes et vigoureuses) en les palissant en cordon et en ne conservant qu'un rang sur deux, ce qui est un travail très difficile...

 

 
Travail du sol

Anciens gobelets transformés en cordon après moult effort

 

Mais cela lui permet ensuite de travailler les sols soigneusement et au tracteur ce qui est très compliqué avec les vignes en gobelet (casse et arrachage lors du labour).

Les sols sont travaillés avec soin, avec, entre les rangs, l'utilisation d'herse rotative et la plantation de différentes plantes dont des engrais verts.

Lorsque les vieilles vignes ne sont pas transformables, il arrache et replante. C'est ainsi que cette année (2014), 0,5 ha ont été replantés (porte-greffe 3309 sur la partie la mieux drainée et Gravesac sur le reste, utilisation de clones pour pouvoir bénéficier des aides).

 

 
Jeunes vignes après 3 mois (2)

Plantes de 3 mois particulièrement belles

 

Evidemment, il ne peut faire qu'une petite partie chaque année mais il a bien l'intention de tout replanter, petit à petit.

Comme on le voit sur la photo, la plantation est faite en vignes larges avec inter-rang de 2m pour une densité globale de 6000 pieds/ha. Ceci est pour lui bien plus intéressant que la culture à 10 000 pieds, car c'est beaucoup plus facile à mécaniser ce qui permet ainsi de maîtriser une viticulture bio. Le fait d'avoir de grandes parcelles facilite également cette façon de faire.

Il reste beaucoup de travail car la majorité des vignes n'a pas été transformée, notamment celles composant La Bottière qui sont très vieilles vignes et ne pouvant plus être transformées. Elles sont toutefois travaillées en bio de la même façon mais c'est un travail délicat et compliqué. 1 rang sur 6 a été arraché pour faire un enherbement plus large et permettre le passage de tracteur en conditions humides.

 

 
Vieilles vignes en gobelet (Cuvée La Bottière)

Les vieilles vignes de la Bottière comptent leurs jours...

 

Avec ce vignoble en pleine transformation, les rendements sont actuellement entre 25 et 30 hl/ha en moyenne (28hl/ha en 2013). Louis-Clément vise au moins 40 hl/ha à moyen terme sur les nouvelles plantations.

 

  • Le travail en cave et les cuvées produites :

Toutes les vignes sont sur un seul et même climat, mais Louis-Clément y produit 3 cuvées différentes : La Croix de La Bottière, La Bottière et Saint-Antoine (en hommage à son grand-père).

 

 
Les 3 cuvées de LCDB

 

La Croix de la Bottière, plus grosse cuvée du domaine, est travaillée en vendange entière, avec une macération semi-carbonique de 3 semaines en cuve béton.

Pour La Bottière, la vendange est égrappée et c'est une vinification bourguignonne qui est faite avec une macération d'un mois (pigeages quotidiens) puis un élevage en fûts de chêne (de 1 à 5 vins).

Enfin, la grande cuvée du domaine, Saint-Antoine, produite de manière confidentielle (1 tonneau en 2013), est constituée des plus beaux raisins du domaine, vinifiés en fût, et élevés un an en fût neuf.

 

Dossier réalisé à partir des 2 visites au domaine effectuées les 12 Mai et 8 Août 2014 (prises de vues dans les vignes lors des 2 visites).